Et si on parlait du partage des « bonnes pratiques » digitales ?

Mis à jour : mai 8

Idée reçue : Les bonnes pratiques digitales, c’est concret, ça vient du terrain… et pourtant nous avons souvent du mal à nous les approprier, voire tout simplement à prendre le temps d'aller les regarder



La question qu’on se pose tous : "Pourquoi ai-je toujours l’impression que je connais déjà, que ça n’apporte pas grand-chose ?"


Les bonnes pratiques digitales, qu’est-ce que ça permet ?

  • D’accéder facilement à des solutions simples, opérationnelles et testées

  • D’éviter de réinventer l’eau chaude

  • D’harmoniser facilement les pratiques et de faciliter les échanges inter-services, de pouvoir nous caler sur les tendances du moment.


Et en même temps les bonnes pratiques…

  • Ont souvent un goût de "déjà vu" ou "trop basiques" : difficile de savoir ce qu’elles apportent vraiment

  • Sont difficiles à faire vivre sur la durée à grande échelle : la mise à jour est fastidieuse et une fois consultées, il est rare d'y retourner

  • Et peuvent tout simplement donner l’impression de ne jamais être assez personnalisées… et surtout elles nous agacent facilement


Mais qu’en dit l’expert ?

L’expert nous parle de deux phénomènes cognitifs quelque peu contradictoires et qui entrent en concurrence : le besoin de conformité et la réactance. Soit l'envie de faire comme les autres et, en même temps, trouver un regain d'intérêt soudain pour une conduite qui nous paraît négative... simplement parce que nous avons l'impression qu'on nous l'impose et même si nous sommes fiers de nous en être débarrassé(e)

  • Le biais cognitif / besoin de conformité nous pousse à avoir envie de faire comme les autres. Donc avoir accès à une bonne pratique, c’est un excellent moyen de se conformer et de ne pas se sentir décalé(e).

«Quand les gens sont libres de faire comme ils veulent, ils s’imitent généralement entre eux». (Eric Hoffer, philosophe américain)


Une expression très courante de ce besoin de conformité, c'est de nous fier aux avis sur les sites, de suivre les bons conseils des autres utilisateurs pour un achat en ligne, une choix de spectacle ou une réservation. La conformité rassure, c’est la quasi-certitude de ne pas faire de faux-pas, de ne pas nous tromper. Autre exemple, en réunion ou en formation, lorsque des participants se présentent, chacun(e) aura tendance à se caler sur la personne qui s'est présentée avant lui / elle même si aucune consigne n'a été donnée.


  • Versus la réactance psychologique qui est une peur quasi-viscérale de perdre sa liberté et qui va soudain rendre attractif un comportement problématique, à partir du moment où nous avons l'impression que quelqu'un nous dicte notre conduite.

Par exemple, je sais que consulter mon portable avant de m’endormir va avoir des effets négatifs sur mon sommeil, ma forme… mon poids. Pendant les vacances, j’ai commencé à laisser mon portable au salon le soir plutôt que de l’emporter dans ma chambre. Tout se passe bien. Je dors mieux. Mais si mon conjoint me dit qu’à partir de maintenant, cela doit devenir la règle toute l’année, je peux tout à fait me braquer par peur de ne plus pouvoir revenir en arrière.

La bonne pratique peut donc apparaître comme contradictoire : elle nourrit le besoin de conformité tout en pouvant susciter la réactance.

Le conseil du sage : Présentez vos bonnes pratiques comme des idées à partager, à challenger, à adapter à son contexte plutôt que comme des règles à suivre.


La morale de l’histoire : Ne jamais oublier que le digital est né dans « l’ouvert et l’accessible à tous ». Les bonnes pratiques perçues peuvent être contre-productives si elles sont perçues comme des bons conseils « moralisateurs ».

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